RAID expliqué : quel niveau choisir pour son NAS ?
High-Tech · août 29, 2026

RAID expliqué : quel niveau choisir pour son NAS ?

Choisir un NAS ne consiste pas seulement à sélectionner un boîtier Synology, QNAP, Asustor ou TerraMaster et à y installer plusieurs disques. La configuration RAID constitue l’une des décisions les plus importantes : elle influence directement la capacité réellement disponible, les performances, la tolérance aux pannes et le budget global de votre stockage. Pourtant, les termes RAID 0, RAID 1, RAID 5, RAID 6 ou RAID 10 restent souvent obscurs, y compris pour des utilisateurs qui sauvegardent des photos, des documents professionnels ou des vidéos.

Un mauvais choix de niveau RAID peut conduire à une capacité insuffisante, à des temps de reconstruction très longs ou à une protection inadaptée face à la défaillance d’un disque. À l’inverse, une configuration bien pensée permet d’exploiter efficacement votre NAS tout en limitant les risques. Ce guide RAID expliqué vous aide à comprendre le fonctionnement de chaque niveau, à comparer leurs avantages et à choisir la solution adaptée à votre nombre de baies, à vos usages et à la valeur de vos données.

RAID expliqué : définition, fonctionnement et limites pour un NAS

RAID expliqué : quel niveau pour son NAS ? - RAID expliqué : définition, fonctionnement et limites pour un NAS

RAID signifie Redundant Array of Independent Disks, que l’on peut traduire par ensemble redondant de disques indépendants. Le principe est de réunir plusieurs disques durs ou SSD physiques dans un volume logique unique. Le système d’exploitation du NAS voit alors ce groupe comme un espace de stockage cohérent, même si les données sont réparties sur plusieurs supports.

Selon le niveau retenu, le RAID peut viser trois objectifs : augmenter les performances grâce à une répartition des données, assurer une redondance grâce à la duplication des fichiers, ou combiner ces deux mécanismes. Certains niveaux utilisent également la parité, une information mathématique répartie entre les disques qui permet de reconstruire les données après la panne d’un disque, voire de deux disques.

Les notions essentielles : striping, miroir et parité

Le striping, ou entrelacement, découpe les fichiers en blocs répartis sur plusieurs disques. Cette méthode peut accélérer les lectures et les écritures, car plusieurs disques travaillent simultanément. Elle est utilisée notamment en RAID 0 et RAID 10. En revanche, le striping seul ne protège rien : si un seul disque devient inaccessible, tout le volume peut être perdu.

Le miroir, aussi appelé mirroring, consiste à écrire les mêmes données sur deux disques ou plus. C’est le mécanisme du RAID 1. Il réduit la capacité utile, mais offre une protection simple et généralement très efficace contre la panne matérielle d’un disque. Enfin, la parité est utilisée avec les RAID 5 et RAID 6. Au lieu de créer une copie complète de chaque fichier, le NAS stocke des informations de reconstruction distribuées sur tous les disques du groupe.

  • Performances : vitesse de lecture et d’écriture, particulièrement importante pour le montage vidéo, les machines virtuelles ou les bases de données.
  • Capacité utile : espace réellement exploitable après la protection RAID, toujours inférieur ou égal à la somme des disques installés.
  • Tolérance aux pannes : nombre de disques pouvant tomber en panne sans rendre le volume inaccessible.
  • Évolutivité : facilité à remplacer ou ajouter des disques pour augmenter le stockage au fil du temps.
  • Temps de reconstruction : durée nécessaire au NAS pour reconstruire la protection après le remplacement d’un disque défaillant.

Le RAID n’est pas une sauvegarde

Cette distinction est essentielle. Le RAID protège principalement contre la panne physique d’un ou plusieurs disques, selon le niveau choisi. Il ne protège pas contre une suppression accidentelle, une corruption de fichier, une erreur de synchronisation, un ransomware, un incendie, un vol du NAS, une surtension importante ou une mauvaise manipulation dans l’interface d’administration.

Par exemple, si un dossier photo est supprimé par erreur sur un NAS configuré en RAID 1, la suppression est immédiatement répliquée sur les deux disques. Le RAID a parfaitement fonctionné, mais il ne peut pas restaurer le dossier. Une stratégie fiable repose donc sur la règle 3-2-1 : conserver trois copies des données, sur deux types de supports différents, avec une copie stockée hors site. Un disque USB externe, un second NAS situé dans un autre lieu ou un stockage cloud chiffré peuvent compléter la redondance interne.

Pourquoi les disques identiques ne sont pas obligatoires, mais recommandés

Il est possible, selon le système RAID et le fabricant du NAS, de mélanger des disques de capacités différentes. Toutefois, dans un RAID classique, tous les disques sont généralement alignés sur la capacité du plus petit membre. Avec trois disques de 4 To, 8 To et 12 To en RAID 5, le système pourra souvent utiliser 4 To sur chacun des trois disques : la capacité utile sera donc proche de 8 To, et non de 16 To.

Pour éviter le gaspillage, privilégiez des disques de même capacité, de même génération et idéalement conçus pour un usage NAS, comme les gammes WD Red Plus, Seagate IronWolf ou Toshiba N300. Attention néanmoins : acheter plusieurs disques strictement identiques au même moment peut augmenter le risque de pannes rapprochées liées à une même série ou à une usure similaire. Pour un usage critique, certains administrateurs répartissent les achats dans le temps ou choisissent des lots différents tout en conservant des caractéristiques compatibles.

Comparatif des niveaux RAID : RAID 0, 1, 5, 6 et 10

Il n’existe pas de meilleur RAID universel. Le bon choix dépend avant tout du nombre de baies disponibles dans votre NAS, du niveau de disponibilité attendu et de la nature des fichiers stockés. Un foyer qui centralise des sauvegardes d’ordinateurs n’a pas les mêmes contraintes qu’une agence vidéo qui partage plusieurs téraoctets de rushes ou qu’une entreprise hébergeant des données comptables.

Niveau RAIDNombre minimal de disquesCapacité utile avec N disques identiquesPannes toléréesUsage principal
RAID 02N × capacité0Performance sans protection
RAID 121 × capacité1 disque sur un miroir à 2 disquesSimplicité et données importantes
RAID 53(N – 1) × capacité1Bon équilibre capacité et sécurité
RAID 64(N – 2) × capacité2Volumes importants et sécurité renforcée
RAID 104(N / 2) × capacitéAu moins 1, parfois davantage selon les pairesPerformances et forte disponibilité

RAID 0 : toute la capacité, aucune sécurité

Le RAID 0 répartit les données entre au moins deux disques, sans miroir ni parité. Avec deux disques de 4 To, vous obtenez environ 8 To de capacité brute utilisable avant formatage. Les débits séquentiels peuvent être élevés, car les deux disques lisent ou écrivent en parallèle. Cette configuration peut donc sembler attractive pour un espace de travail temporaire, un cache vidéo ou des données déjà sauvegardées ailleurs.

Son défaut est majeur : la panne d’un seul disque entraîne la perte du volume entier. Avec davantage de disques, la probabilité qu’au moins l’un d’eux tombe en panne augmente mécaniquement. Le RAID 0 ne convient donc pas au stockage principal d’un NAS familial ou professionnel. Il peut être envisagé uniquement lorsque les données sont facilement recréables et disposent d’une sauvegarde indépendante, testée et récente.

RAID 1 : le choix simple pour un NAS à deux baies

Le RAID 1 duplique intégralement les données sur deux disques. Si vous installez deux disques de 6 To, vous disposez d’environ 6 To utiles. Lorsque l’un des disques tombe en panne, le NAS continue généralement de fonctionner avec le disque restant. Après remplacement du disque défectueux, une reconstruction recopie les données vers le nouveau support.

Pour un NAS deux baies, le RAID 1 est souvent le choix le plus logique. Il convient aux documents administratifs, photos familiales, sauvegardes de PC, bibliothèques multimédias et petits espaces de travail professionnels. Les lectures peuvent bénéficier des deux disques sur certains systèmes, mais il ne faut pas choisir le RAID 1 uniquement pour la vitesse. Son intérêt principal est la disponibilité et la simplicité de gestion.

Le principal compromis est financier : la moitié de la capacité brute est consacrée à la redondance. Deux disques de 8 To ne créent pas un NAS de 16 To, mais un volume d’environ 8 To avant prise en compte du formatage et des éventuels instantanés. Cette perte apparente est souvent préférable à l’absence totale de protection.

RAID 5 et RAID 6 : la parité pour les NAS de quatre baies ou plus

Le RAID 5 nécessite au minimum trois disques. Avec quatre disques de 8 To, la capacité utile équivaut à trois disques, soit environ 24 To en valeur décimale avant formatage. L’équivalent d’un disque est réservé à la parité, répartie sur l’ensemble du groupe. Le RAID 5 tolère la panne d’un seul disque. Pendant la reconstruction, le volume reste accessible, mais les performances peuvent diminuer et le risque devient plus élevé tant que la redondance n’est pas restaurée.

Le RAID 6 fonctionne sur le même principe, mais utilise l’équivalent de deux disques pour la double parité. Avec quatre disques de 8 To, vous obtenez environ 16 To utiles. Il supporte la panne simultanée de deux disques, ce qui représente un avantage considérable avec des capacités élevées. Sur des disques de 16 To, 18 To ou 24 To, une reconstruction peut durer de nombreuses heures, voire plusieurs jours selon la charge du NAS, le modèle de disque et le volume réellement occupé.

Le RAID 5 reste pertinent pour un NAS domestique à quatre baies avec des disques de capacité raisonnable et une vraie sauvegarde externe. Le RAID 6 est plus prudent pour les données professionnelles, les grands volumes, les NAS utilisés en continu et les baies de 6, 8 ou 12 disques. Il sacrifie davantage de capacité, mais réduit fortement le risque de catastrophe pendant une phase de reconstruction.

RAID 10 : rapidité et résilience pour les usages exigeants

Le RAID 10 combine RAID 1 et RAID 0 : les données sont d’abord dupliquées dans des paires en miroir, puis réparties entre ces paires. Il exige au moins quatre disques. Avec quatre disques de 4 To, la capacité utile est de 8 To. Comme le RAID 1, il utilise environ 50 % de la capacité brute pour la redondance.

Cette architecture offre généralement d’excellentes performances en lecture et en écriture, notamment avec des accès aléatoires nombreux. Elle est très adaptée aux machines virtuelles, aux bases de données, aux dossiers de travail multiutilisateurs, à certains flux de montage ou aux applications hébergées sur le NAS. La reconstruction est souvent plus simple et plus rapide qu’en RAID 5 ou RAID 6, car le NAS recopie principalement un miroir plutôt que de recalculer la parité sur l’ensemble du groupe.

Le RAID 10 peut survivre à plusieurs pannes si elles ne touchent pas les deux disques d’une même paire miroir. En revanche, si les deux disques d’une même paire échouent, le volume est perdu. Cette nuance doit être comprise : il ne faut pas résumer sa tolérance à « deux pannes garanties ». Le résultat dépend de l’emplacement logique des disques défaillants.

Quel RAID choisir selon le nombre de baies et votre usage NAS ?

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© panumas nikhomkhai via Pexels

La première question à poser n’est pas « quel est le RAID le plus sécurisé ? », mais « de combien de baies dispose mon NAS et quelles données dois-je protéger ? ». Un boîtier deux baies impose des choix différents d’un NAS huit baies. De même, un espace de stockage dédié à Plex, aux archives familiales ou à la comptabilité d’une TPE ne demande pas le même niveau de disponibilité.

NAS à deux baies : RAID 1 dans la majorité des cas

Avec deux baies, les options sont limitées. Le RAID 0 maximise la capacité mais ne tolère aucune panne. Le RAID 1 offre une duplication complète et représente la configuration recommandée pour la plupart des particuliers et indépendants. Si vous avez besoin de 5 To de données, évitez d’acheter deux disques de 6 To en pensant disposer de 12 To : en RAID 1, vous n’aurez qu’environ 6 To bruts utilisables.

Un exemple concret : un photographe stocke 3 To de catalogues, photos RAW et exports clients. Deux disques NAS de 8 To en RAID 1 lui donnent une marge confortable pour les prochaines années. Il doit néanmoins ajouter une sauvegarde sur disque externe ou cloud. Le RAID 1 garantit la continuité si un disque meurt ; la sauvegarde permet de récupérer un projet supprimé, chiffré par un malware ou endommagé.

NAS à quatre baies : RAID 5, RAID 6 ou RAID 10 selon la priorité

Le NAS quatre baies est un excellent compromis entre budget, capacité et possibilités RAID. Avec quatre disques de 10 To, le RAID 5 fournit environ 30 To bruts utiles, le RAID 6 environ 20 To et le RAID 10 environ 20 To. Le choix dépend alors de la valeur des données et de la charge de travail.

  • Choisissez RAID 5 si vous cherchez une grande capacité utile, disposez de sauvegardes externes fiables et acceptez la tolérance d’une seule panne.
  • Choisissez RAID 6 si vos disques ont une forte capacité, si le NAS contient des données professionnelles importantes ou si la continuité de service est prioritaire.
  • Choisissez RAID 10 si les performances en écriture et les accès simultanés comptent davantage que la capacité maximale.
  • Choisissez RAID 1 avec deux disques seulement si vous voulez garder deux baies libres pour une extension ultérieure, à condition que votre NAS permette une migration RAID compatible.

Il peut être tentant d’utiliser quatre petits disques pour optimiser le prix au téraoctet. Pourtant, le nombre de disques augmente aussi la consommation, la chaleur, le bruit et les points de défaillance. À budget égal, comparez toujours le coût total, la garantie, le niveau sonore et le potentiel d’évolution. Quatre disques de 8 To en RAID 5 n’offrent pas la même expérience que deux disques de 16 To en RAID 1, même si la capacité finale peut sembler proche.

NAS de six baies et plus : privilégier la double parité ou les groupes séparés

À partir de six baies, le RAID 6 devient souvent une option très cohérente. Sur six disques de 12 To, vous disposez d’environ 48 To bruts utiles tout en pouvant perdre deux disques. Cette configuration est adaptée aux médiathèques volumineuses, aux sauvegardes de plusieurs postes, aux archives d’entreprise et aux équipes qui partagent des fichiers lourds.

Une autre approche consiste à créer plusieurs groupes RAID indépendants. Par exemple, dans un NAS huit baies, une petite entreprise peut réserver quatre disques en RAID 10 aux machines virtuelles et aux fichiers de production, puis quatre disques en RAID 6 aux archives et sauvegardes. Cette séparation permet d’adapter performances et résilience au type de données. Elle limite aussi l’impact d’un incident sur un seul volume, à condition que les sauvegardes restent séparées.

Cas particuliers : multimédia, vidéosurveillance, télétravail et SSD

Pour une bibliothèque multimédia diffusée via Plex ou Jellyfin, les lectures séquentielles dominent. Un RAID 5 ou RAID 6 suffit généralement, surtout si le réseau est limité à 1 GbE. En effet, un lien Gigabit plafonne en pratique autour de 110 Mo/s : des gains RAID très élevés ne seront pas toujours visibles depuis un seul ordinateur. Une connexion 2,5 GbE, 10 GbE ou plusieurs clients simultanés rendent les performances disques plus importantes.

Pour la vidéosurveillance, la priorité est souvent la capacité et l’endurance des disques. Utilisez des disques conçus pour ce type de charge lorsque le NAS enregistre en continu. Séparez idéalement les enregistrements des données professionnelles, car l’écriture constante peut affecter les performances globales. Pour des machines virtuelles et conteneurs Docker, RAID 10 avec SSD ou cache SSD peut apporter une vraie différence, surtout avec de nombreux petits fichiers.

Capacité, reconstruction et compatibilité : les critères techniques à vérifier

Le niveau RAID ne doit jamais être choisi uniquement à partir d’un tableau théorique. Dans la pratique, la capacité annoncée par les fabricants, le système de fichiers, le cache, la mémoire du NAS et les possibilités d’extension influencent l’expérience réelle. Une planification précise évite de remplir le volume trop tôt ou de découvrir qu’une migration est impossible sans sauvegarde temporaire.

Calculer correctement la capacité utilisable

La formule RAID donne une estimation, mais l’espace visible dans l’interface du NAS sera inférieur. Les fabricants de disques utilisent généralement le téraoctet décimal : 1 To correspond à 1 000 Go. Les systèmes d’exploitation affichent souvent une mesure binaire proche du tébioctet, ce qui crée un écart apparent. Un disque vendu comme 10 To affiche ainsi environ 9,09 TiB avant formatage.

Ajoutez à cela le formatage, les métadonnées du système de fichiers, les snapshots, la corbeille réseau et la réserve recommandée pour maintenir de bonnes performances. Il est prudent de viser un taux d’occupation maximal de 80 à 85 % pour un volume de production. Un NAS presque plein devient plus difficile à administrer, limite les instantanés et peut ralentir certaines opérations de maintenance.

Exemple : avec quatre disques de 12 To en RAID 5, le calcul brut donne 36 To. Après conversion, formatage et marge de sécurité, prévoyez plutôt autour de 28 à 30 To réellement confortables pour vos données. Si vos besoins actuels sont déjà de 27 To, cette configuration est trop juste : mieux vaut choisir des disques plus grands ou un NAS avec davantage de baies.

Comprendre le risque pendant la reconstruction RAID

Après le remplacement d’un disque défaillant, le NAS lance une reconstruction, aussi appelée resynchronisation. Durant cette phase, tous les disques restants sont fortement sollicités. Le temps nécessaire varie énormément : une reconstruction de quelques téraoctets peu remplis peut prendre plusieurs heures, tandis qu’un RAID 6 très chargé composé de disques de 18 To peut demander plusieurs jours.

La vitesse dépend du processeur du NAS, de la quantité de RAM, du niveau RAID, de l’activité des utilisateurs et des réglages de priorité. Certains NAS permettent de privilégier la rapidité de reconstruction, mais cela peut dégrader temporairement les performances des services. Dans tous les cas, évitez d’éteindre brutalement l’appareil, de lancer des tâches lourdes inutiles ou de reporter le remplacement du disque défaillant.

Le RAID 6 est particulièrement rassurant dans ce contexte, car il conserve une seconde tolérance pendant la reconstruction d’un premier disque. Cela ne remplace pas une sauvegarde, mais réduit le risque de perte liée à une seconde panne. Les alertes par e-mail, notification mobile ou SMS selon les services disponibles sont donc indispensables : un RAID dégradé ignoré pendant plusieurs semaines n’offre plus le niveau de protection initial.

RAID classique, SHR et technologies propriétaires

Certains constructeurs proposent des solutions de gestion simplifiée. Synology utilise par exemple SHR et SHR-2, qui reposent sur des principes proches du RAID avec une gestion plus souple des capacités différentes. SHR offre généralement une protection contre une panne, tandis que SHR-2 vise deux pannes. Cette souplesse peut être utile lorsque vous remplacez progressivement des disques de 4 To par des modèles de 8 To puis 12 To.

Ces solutions ne sont pas magiques : la capacité gagnée dépend de la combinaison exacte des disques, et une migration vers un autre matériel peut être moins simple qu’avec un RAID Linux standard. Avant de choisir, vérifiez les fonctions documentées par votre fabricant : migration RAID, extension en ligne, remplacement à chaud, support des disques de plus grande capacité, système de fichiers Btrfs ou ZFS, snapshots et réplication.

Pour un usage professionnel, lisez également la liste de compatibilité des disques. Certains NAS imposent ou recommandent des firmwares validés, particulièrement dans les gammes haut de gamme. Un disque reconnu mais non certifié peut fonctionner, sans forcément bénéficier du même niveau d’assistance constructeur. Conservez toujours la référence exacte, le numéro de série et la date de garantie de chaque disque.

Installer, surveiller et sécuriser son RAID NAS au quotidien

Le meilleur niveau RAID perd une grande partie de son intérêt si le NAS n’est pas surveillé, ventilé et sauvegardé correctement. La protection des données repose sur un ensemble de bonnes pratiques : matériel adapté, maintenance préventive, mises à jour maîtrisées et plan de récupération documenté. Ces actions demandent peu de temps, mais elles font une différence majeure lorsqu’un incident survient.

Préparer une installation fiable

Avant d’insérer les disques, vérifiez qu’ils sont compatibles avec les tiroirs du NAS et qu’ils disposent d’une capacité suffisante pour votre horizon de trois à cinq ans. Installez le NAS dans un endroit sec, ventilé et éloigné des sources de chaleur. Évitez les placards fermés, les meubles sans circulation d’air et les surfaces instables. Les vibrations répétées peuvent réduire le confort acoustique et, dans certains cas, affecter les performances des disques mécaniques.

Un onduleur est vivement conseillé, notamment dans les zones sujettes aux microcoupures. Relié au NAS par USB ou réseau, il peut déclencher un arrêt propre lorsque l’autonomie devient faible. Cette précaution protège non seulement les disques, mais aussi le système de fichiers et la cohérence du volume RAID. Une coupure électrique pendant une écriture ou une reconstruction peut compliquer la récupération.

  • Activez les notifications de panne, de température élevée, de volume dégradé et d’échec de sauvegarde.
  • Programmez des tests S.M.A.R.T. courts réguliers et des tests étendus selon les recommandations du fabricant.
  • Vérifiez périodiquement l’état du volume, des secteurs défectueux, des ventilateurs et de l’onduleur.
  • Conservez un disque de rechange compatible si l’activité ne peut pas attendre une livraison.
  • Documentez la configuration RAID, les identifiants d’administration et la procédure de remplacement.

Que faire lorsqu’un disque tombe en panne ?

Lorsqu’une alerte apparaît, ne retirez pas un disque au hasard. Identifiez précisément la baie concernée dans l’interface du NAS et comparez le numéro de série affiché avec l’étiquette du disque ou du tiroir. Si le NAS ne dispose pas de baies échangeables à chaud, consultez le manuel avant toute intervention. Retirer un mauvais disque d’un RAID encore fonctionnel peut transformer un incident limité en perte de volume.

Avant le remplacement, vérifiez que votre sauvegarde est bien accessible. Si le RAID est dégradé mais encore lisible, c’est le bon moment pour lancer une sauvegarde supplémentaire des données les plus critiques. Installez ensuite un disque de même capacité ou plus grand. Dans un RAID classique, un disque plus petit ne pourra pas remplacer un membre existant. Lancez la reconstruction et surveillez son évolution jusqu’à la fin.

Ne confondez pas une alerte S.M.A.R.T. préventive avec une panne totale, mais ne l’ignorez jamais. Une augmentation des secteurs réalloués, des erreurs de lecture ou des problèmes de communication peut justifier un remplacement anticipé. Il vaut mieux retirer proprement un disque suspect lorsqu’il reste du temps, plutôt que d’attendre une panne brutale pendant un week-end ou une période de forte activité.

Sécuriser le NAS au-delà du RAID

Le RAID protège les disques, pas les accès au NAS. Utilisez des mots de passe uniques, activez l’authentification à deux facteurs pour les comptes administrateurs, désactivez le compte admin par défaut si le système le permet et créez des comptes nominatifs avec les droits minimum nécessaires. Les dossiers partagés ne doivent pas tous être accessibles à tous les utilisateurs.

Pour l’accès à distance, évitez d’exposer inutilement l’interface d’administration sur Internet. Préférez un VPN, les mécanismes de relais sécurisés proposés par le constructeur ou des règles de pare-feu strictes. Mettez à jour le système du NAS, les applications et les routeurs, après avoir vérifié les notes de version. Les ransomwares ciblent régulièrement les stockages réseau mal sécurisés ; des snapshots immuables ou une sauvegarde déconnectée représentent alors une protection précieuse.

Enfin, testez la restauration. Une sauvegarde n’a de valeur que si vous pouvez réellement récupérer un fichier, un dossier ou un volume dans un délai acceptable. Planifiez au moins une vérification trimestrielle : restaurez quelques fichiers dans un emplacement séparé, contrôlez leur intégrité et mesurez le temps nécessaire. Cette démarche transforme votre stratégie de protection théorique en procédure opérationnelle.

En conclusion, le choix du RAID pour un NAS doit concilier capacité, disponibilité, performances et budget, sans jamais oublier la sauvegarde indépendante. Le RAID 1 reste la référence simple pour un NAS deux baies, tandis que le RAID 5 constitue un bon compromis pour de nombreux NAS quatre baies. Lorsque les volumes deviennent importants ou que les données sont critiques, le RAID 6 apporte une sécurité supplémentaire très pertinente. Le RAID 10, lui, répond aux usages exigeants qui privilégient les performances et les accès simultanés. Prenez le temps d’estimer votre croissance de stockage, de vérifier la compatibilité des disques et d’activer toutes les alertes disponibles. Une configuration RAID réussie ne se limite pas au jour de l’installation : elle se surveille, se teste et s’accompagne d’une stratégie de sauvegarde 3-2-1. C’est cette combinaison qui garantit réellement la pérennité de vos données sur votre NAS.

À retenir

  • Le RAID 1 est généralement le meilleur choix pour un NAS à deux baies, car il tolère la panne d’un disque tout en restant simple à administrer.
  • RAID 5 privilégie la capacité, RAID 6 tolère deux pannes et RAID 10 favorise les performances : le bon niveau dépend du nombre de disques et de la criticité des données.
  • Le RAID ne remplace jamais une sauvegarde : combinez-le avec des copies externes, des snapshots et des tests réguliers de restauration.